Vos collaborateurs sont-ils stressés ? Les indicateurs qui tirent la sonnette d’alarme sur l’inconfort au travail.

 
 

Maux de tête, troubles du sommeil ou de l’appétit, crises de larmes soudaines, nervosité accrue … ces symptômes vous semblent familiers ? Point sur un phénomène considéré aujourd’hui comme le mal du siècle en entreprise.

 
 
 
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Le stress, un phénomène naturel.

Le stress, une pathologie ? Pas que ! Contrairement aux idées reçues, le stress est avant tout un phénomène naturel dont l’organisme a besoin pour nous permettre de nous adapter aux menaces et aux contraintes de l’environnement. Les scientifiques parlent d’ailleurs plutôt de “réaction d’adaptation” pour désigner le stress, ces réactions étant indispensables à notre bon fonctionnement au quotidien. Ce “bon” stress, appelé stress aigu, est un stress que l’on maîtrise devant une situation donnée et ponctuelle : un dossier à boucler avant minuit, la présentation d’une idée devant toute l'équipe managériale, des objectifs de vente à atteindre au douzième mois… Ça vous dit quelque chose ? Pour nous aider à gérer ces situations dites “stressantes”, l’organisme déclenche alors la sécrétion d’hormones spécifiques : Le coeur bat vite, les mains deviennent moites, la concentration est à son maximum... Aussitôt l’événement contrôlé ou terminé, le stress disparaît, l’organisme se met au repos. C’est lorsqu’il devient chronique qu’il y a danger pour la santé !


Quand le stress devient chronique.

On parle de mauvais stress ou stress chronique lorsque la réaction de stress est répétée sans possibilité de récupération. Quand l'épreuve dépasse nos capacités d’y faire face, le stress chronique s’installe... Dans la durée, le stress altère alors notre capacité à réagir, épuise l’organisme, et affecte durablement la santé mentale et physique des collaborateurs.


Du signal d’alarme à l’épuisement : comprendre le processus d’adaptation de l’organisme pour y répondre efficacement.

Face à une situation stressante, l’organisme suit un protocole bien défini qui lui permet de s’adapter et de réagir en conséquence.


🚨 LE SIGNAL D’ALARME

Le signal de stress est donné, l’organisme se prépare au combat ou à la fuite. Il sécrète alors les hormones du stress, appelées catecholamines. Dans le corps, des changements sont en cours : la fréquence cardiaque, la tension artérielle, les niveaux de vigilance, ou encore la température corporelle augmentent. Ces modifications préparent l’organisme à réagir en apportant plus d’oxygène aux organes qui vont être sollicités. En situation de “bon stress”, le corps se met au repos une fois que le signal disparaît.


🏋🏽‍♀️ LA RÉSISTANCE

La réaction de stress persiste et s’installe dans la durée, le corps entre alors en résistance.  Pour tenir le coup, l’organisme sécrète d’autres hormones, les glucocorticoïdes, afin d’augmenter le taux de sucre dans le sang et d’apporter l’énergie nécessaire aux muscles, au coeur et au cerveau.  


🔋 L’ÉPUISEMENT

Le corps se met dans le rouge : la situation stressante se prolonge ou s’intensifie. L’organisme ne sait plus où donner de la tête, il s’épuise et ne peut plus répondre à la demande. L’autorégulation des glucocorticoïdes est inefficace. La machine déraille !


Syndrome général d’adaptation découvert en 1935 par Hans Selye


Le mal de tête, le manque d’appétit, des erreurs dans les dossiers : autant de symptômes du stress au travail à surveiller de près.

Quand le stress devient chronique, le corps se met à parler. Des symptômes, pouvant être perçus dans la grande majorité des cas comme anodins, surgissent, témoins d’un inconfort vécu et non traité.

On distingue 3 types de symptômes :

  • Les symptômes physiques : les douleurs telles que le mal de tête, les douleurs articulaires, le mal de dos, les troubles du sommeil et de l’appétit, les sueurs.

  • Les symptômes émotionnels : les crises de colères, les crises de larmes, une forte agressivité, une sensation de tristesse, de mal-être, une sensibilité et nervosité accrue.

  • Les symptômes intellectuels : une difficulté à se concentrer impliquant des erreurs et des oublis dans le travail quotidien.

Lorsque le stress chronique s’installe dans le temps, les pathologies s’aggravent : l’hypertension artérielle, l’obésité abdominale (le ventre se gonfle), les maladies cardiovasculaires, les troubles musculo-squelettiques (mal de dos), des problèmes de fertilité ou encore la dépression et le burn out sont autant de symptômes d’un stress chronique non traité.


Quand les comportements changent pour “tenir le coup” : alerte !

En situation de stress chronique, chaque collaborateur réagira bien évidemment de façon très différente à une même situation. Certains peuvent chercher des solutions “pansements” pour tenir bon, telles que la prise de produits calmants ou excitants comme le café, le tabac, l’alcool, ou encore la prise d’anxiolytiques. Les changements de comportement sociaux, comme le repli sur soi, ou la diminution des activités sociales entre collaborateurs sont autant de signaux de détresse à prendre en compte rapidement.


Trop de travail, forte pression, conflits internes : les facteurs de stress chronique en entreprise sont multiples.

Et souvent mal accompagnés par une équipe managériale occupée ou sujette elle-même à une forte pression. Parmi les facteurs de stress les plus répandus on retrouve :

. Une charge de travail trop importante donnant la sensation d’être “sous l’eau”.

. Une forte pression due à des exigences excessives et des attentes de résultats élevées.

. Un déséquilibre entre la vie personnelle et la vie professionnelle où le collaborateur ne vit que pour son travail, a des journées chargées qui finissent tard, y pense en permanence, et n’arrive pas à se déconnecter le soir et le week-end.

. Un manque ou une mauvaise organisation du travail donnant la sensation de ne pas avoir à disposition les éléments nécessaires à la réalisation des tâches, une mauvaise définition des rôles et des objectifs.

. Un manque d’autonomie

. Des rapports sociaux de travail dégradés se traduisant par des tensions ou conflits avec ses collègues et/ou ses supérieurs (un manque d’aide, un management peu participatif, autoritaire), un manque de reconnaissance dans le travail accompli ou les performances démontrées.

. Des conflits de valeurs quand le collaborateur ne partage pas les valeurs de l’entreprise.

. Des insécurités dues à la situation de travail, notamment la peur de la perte d’emploi due à l’instabilité de certains contrats.

Pour le collaborateur, le stress au travail peut avoir des conséquences graves sur sa santé mentale et physique. Pour l’entreprise, les conséquences sont également alarmantes : un absentéisme fort, une rotation du personnel importante, un manque de motivation et d’enthousiasme des salariés impliquant une plus faible productivité et une perte certaine d’innovation …


Le stress au travail affecte l’entreprise dans sa globalité : se mettre à l'écoute des premiers symptômes, c’est accompagner la création d’un environnement de travail responsable, respectueux et performant.